ARGUMENT

Il est difficile d'envisager la problématique du féminin en dehors de celle du masculin, c'est-à-dire de la différence des sexes qui est une des modalités dominantes de la différence, souvent interprétée à partir des enjeux du pouvoir et de son rapport aux minorités. A cet égard et de manière singulière, les mouvements féministes appréhendent le rapport femmes/hommes autour du partage des pouvoirs comme enjeu social majeur. Les récents débats parfois passionnés sur le genre montrent combien le féminin est une construction sociale dépendante des contextes historiques et de leurs évolutions culturelles. La problématique du féminin interroge donc les points de différence, de similitude, de complémentarité dans l’organisation du sujet, femme ou homme. Car, si la différence sexuelle est incontestable sur le plan anatomique, Freud énonçait combien elle n'est pas d’emblée posée au niveau psychique. Il avait par ailleurs renoncé à appréhender le « continent noir », la féminité constituant une énigme qui ne peut être résolue par la seule problématique de la sexualité ou de la maternité. Freud évitait de décrire ce qu’est la femme pour justement appréhender comment elle le devient. Autrement dit le féminin apparait comme résultant de processus de changements impliquant une construction faite d’aléas, d’impasses et de singularités. Si le féminin est devenu en quelque sorte un véritable analyseur des mutations sociales contemporaines, il n’en demeure pas moins qu’il s’enracine dans les modalités psychiques intersubjectives les plus précoces. Le féminin, en tant que « valeur » universelle, est là repéré dans l’histoire sexuelle infantile, à partir de la manière dont le corps est perçu, mobilisé par l’environnement. Il se réfère aux possibilités d’intégration des expériences d’excitations, à leur devenir pulsionnel et fantasmatique. Ce colloque souhaite interroger le travail du féminin dans l’actualité des dimensions culturelles, sociales et cliniques. Dans ce sens, les méthodes projectives nous permettront de déployer dans des cliniques variées la polysémie de la construction du féminin dans ses aspects identitaires profonds et dans la variété de ses expressions pathologiques selon les différents âges de la vie.

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